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M. Saidykhan, actuellement exilé aux Etats-Unis
d’Amérique, et son médecin fourniront des preuves matérielles à la Cour en
vue de justifier les allégations de torture.
M. Saidykhan, ancien rédacteur en chef du journal Independent,
une publication interdite, figurait parmi des vingtaines de victimes qui
auraient été détenues illégalement et ont subi toutes sortes d’atrocités, y
compris des actes de torture dans les mains des agents de sécurité du
président Yahya Jammeh, suite au coup d’Etat présumé de mars 2006.
Selon Saidykhan, pendant sa détention, il a été torturé
sans cesse jusqu’à ce qu’il ne perde connaissance. La torture continue qu’il
a subie lui a laissé des cicatrices au dos, aux jambes, aux bras et à la main
droite, qui a été cassé en plusieurs endroits. Il s’est enfui du pays
au Sénégal voisin, où il a reçu des soins médicaux.
En 2007, la Fondation pour les Médias en Afrique de
l’Ouest (MFWA) a saisi la Communautaire de cette affaire en vue de lui rendre
justice. C’est la même cour qui a déclaré illégales, l’arrestation et la
« disparition » ultérieure d’un autre journaliste, Chief Ebrima
Manneh, reporter du Daily Observer, un journal progouvernemental. Le
gouvernement gambien a refusé de respecter le verdict de la Cour et
personne ne sait où il se trouve.
De peur que d’autres journalistes contrariés et les
citoyens gambiens qui ont été victimes de ses brutalités ne lui intentent
d’autres procès, le gouvernement gambien a, en septembre 2009, essayé sans
succès de convaincre les dirigeants des Etats de la CEDEAO de soutenir la
modification du protocole de celle-ci qui permet aux citoyens d’avoir accès
aux tribunaux sans épuiser au préalable, les moyens de recours locaux. Le
gouvernement a eu recours à cette action parce qu’il n’a pas su parvenir à
faire rejeter l’affaire de M. Saidykhan par la Cour communautaire.
La MFWA est persuadée que la Cour de la CEDEAO, l’un
des mécanismes régionaux les plus réputés, fera preuve d’impartialité et
assurera que la partie lésée obtienne justice.
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